Cet amour-là

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Cet amour-là

Cet amour-là était la valse sans adieux
Que dansent les amants pour toujours amoureux.
Insolent tourbillon qui ne s’arrête pas,
Narquoise ritournelle pour les rabat-joie.

Cet amour-là était la juste récompense
Des ces mois de chagrin et ces années d’errance.
Un présent qui semblait tombé des mains de Dieu
Un manteau pour l’hiver tricoté par les cieux.

Était-ce parce que j’en avais trop usé
Que cet amour-là m’aura été confisqué ?
Je ne sais qu’une chose, Dieu qu’elle me dévore :
Toute chose qui vit est promise à la mort.

Et c’est comme une mère au tombeau d’un enfant
Que je pleure l’amour fauché en plein élan.
Que le sort est cruel, il offre des mirages !
Nous soustrait à la pluie puis nous livre à l’orage !

Comme il n’existe rien pour demeurer toujours,
Il fallait bien que s’évanouisse notre Amour.
Pas de fleur qui ne fane, de flamme sans désastre :
Notre amour était voué à rejoindre les astres.

La vie toujours reprend ce qu’elle nous a donné
Et cet amour-là m’aura hélas rappelé
Que tout ce qui est sucr’ devient un jour amer,
L’on paie deux mois d’amour par des années d’enfer.

Cet amour-là, comment pourrais-je l’oublier
Tandis que tout concorde à me le rappeler ?
Comme ce que l’on fuit nous rattrape toujours !
Et je vois de ma chambre une armée de vautours.

Cet amour, c’est un coup à croupir dans le deuil
Mi-Juin sous les figuiers, Juillet dans un cercueil.
Quel sort inattendu ! Quelle fin triste et étrange !
Dormir dans la rosée, s’éveiller dans la fange !

Comme ce que l’on aime peut nous rendre fou..
Cet amour-là m’aura laissée sur les genoux.
C’est cher payé la joie pour tant de désespoir !
Deux mois de plein soleil, et tout l’an dans le noir.

Il n’est pas certain que je puisse aimer encore.
Comment chérir ce qui est voué à la mort ?
Embrasser un mourant ? Sinistre camouflet !
Cet amour, c’est un coup à n’aimer plus jamais.

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A propos Altana Otovic

Tout ce qui n'est pas écriture m'ennuie. Vous savez ça, vous savez tout.
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9 commentaires pour Cet amour-là

  1. Ferrutius V dit :

    Merci: en vous lisant… je prends conscience de l’aimer !

  2. Laurent dit :

    Lorsque le beau jaillit des souffrances, douleurs et autres blessures intimes. Pourquoi le beau se nourrit-il si souvent d’un tel terreau ? Avez-vous écrit d’autres poèmes lorsque vous étiez pleinement amoureuse, extatique, dans l’oeil du cyclone passionnel ?
    Je suis bien désolé pour vous. Mais avec un peu plus d’âge et d’expériences, de déboires et de désillusions, il est possible de voir l’amour, la passion amoureuse, autrement. Jouir de cette énergie, rester sincère, tout en se protégeant du feu nucléaire.

  3. Renato dit :

    J’aime votre poème. Quelle déchirure, j’ai connu cet état, on n’oublie pas mais on s’en remet.

  4. Nadia dit :

    C’est beau, c’est bien choisi et c’est vrai. On ne peut atteindre ce niveau qu’en s’investissant totalement. La tombée est rude. Quand elle se répète, on apprend a apprivoiser les conséquences de sa sincérité et de sa sensibilité, et l’on peut même avoir de la gratitude pour ce beau voyage. On connait sa force, on se laisse moins ébranler. On refuse ce qui nous détruit, mais il faut bien accepter que c’est un processus et qu’il faut bien passer par des moments sombres. La conscience nous permet d’en réduire la durée et l’intensité. Mais déjà, vous avez ployé, mais pas rompu! Bonne route a vous, ensoleillée, et surtout continuez de croire en vous.

  5. Pascal Burgeon dit :

    quelle beauté, ce texte, comme tous vos textes. Quelle tristesse de vous lire si triste. Je me joins aux autres pour le redire encore : avec le temps, va, tout s’en va. Et un amour chasse l’autre, si-si, ensuite il reste une plaie, qui devient progressivement comme une douce caresse. Bon courage, et belle écriture !

  6. anyway dit :

    c’est ce nihilisme , cette perversion de l’utile qui devient désagréable qui m’a conduit en réanimation. Rien ne dure jamais, plus mêmes les illusions. Arrive le temps de renaître en toute connaissance plutôt qu’en toute éducation. Il n’y a rien, rien ne dure jamais mais au moins maintenant je le sais. C’est ce qui doit donner la force de vivre chaque moment comme s’il n’ en aura plus après

  7. Rosebud dit :

    La souffrance fait écrire de belles choses, et vous savez très bien le faire. Ô comme je vous comprends ! J’essaie moi-même d’exprimer la douleur à travers les mots, mais je n’en suis qu’aux balbutiements , même si certains considèrent que ce que j’écris est très beau.
    Une passion fauchée en pleine ascension condamne celui qui reste à une longue agonie. L’amour ne perd pas de sa force parce qu’il n’a pas atteint son paroxysme, bien au contraire, il la puise dans ce manque. Quel paradoxe !

  8. ingeniris dit :

    Il y a dans ce poeme des vers qui ne depareraient pas dans Cyrano. Et c est le compliment ultime. A 20 ans? quo non ascendet ?

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