Vacances maladives.

am

Il est vrai que le ciel est un tendre amoureux
Et qu’il nous couve de ses prévenants rayons.
Il est vrai que les gens vivent et qu’ils sont heureux
Et que je suis la seule à pleurer en haillons.

Il est vrai que la mer bienveillante et tranquille
Ferait bien davantage un couffin qu’un tombeau,
Que nul vent ne malmène les branches fragiles
Des arbres qui sommeillent en un profond repos.

Il est vrai que le soleil déploie sans relâche
De quoi vous dissiper le plus grand des chagrins
Et que dans son déclin, il y a le panache
De l’ami qui s’en va en disant « à demain ».

Il est vrai que l’hiver, il est vrai que l’automne
Ont le charme glorieux du prince agonisant
Que vient ressusciter un beau jour le printemps
Mais que l’été enfin, galvanise et plastronne.

Il est vrai que j’abuse, il est vrai que j’ai tort,
Il est vrai que mon cœur battait un peu trop fort
Et que tout me rappelle comme il est insensé
De ternir de chagrin la douceur de l’été !

Soleil tant attendu que ma tristesse insulte
Ne sens-tu pas mon cœur soudain se dessécher
Comme un fruit misérable à la chair assoiffée
Et mon âme abattue qui crève sans tumulte ?

Tandis que la mort joue son sinistre prélude
Et que les jours menacent de toucher à leur fin
Que l’on m’explique enfin, puisque tout va si bien :
Pourquoi l’azur nouveau me paraît si lointain ?

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A propos Altana Otovic

Tout ce qui n'est pas écriture m'ennuie. Vous savez ça, vous savez tout.
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3 commentaires pour Vacances maladives.

  1. Henri Huc dit :

    Poétesse en plus. J’ai l’air de me moquer, mais ce n’est pas le cas, je suis seulement étonné de trouver une poésie. Pas facile de faire un commentaire, car l’interprétation d’un poème est toujours délicate. Beaucoup de mélancolie, avec un côté « seule contre le reste du monde » (bienvenue au club ). Déception personnelle peut être, au moins sous-jacente, qui n’appartient qu’à vous, déconvenues, désillusions sur l’existence et sur les autres, sans doute. Que dire de plus ? Sauf qu’il ne faut jamais désespérer. Il ne faut jamais désespérer lorsqu’on est jeune, car l’avenir est devant soi, ne pas désespérer non plus quand on est vieux, puisque de toutes façons, c’est fini ou presque. Fini ici-bas du moins.
    Enfin, la forme interrogative des deux dernières strophes semble, et c’est heureux, exclure la résignation.
    Voilà ce que me suggère votre poésie, et je crains fort que mon propos soit peu pertinent et d’une banalité pesante.
    Outre ces considérations, autant dire que j’aime bien, vos vers sont beaux et émouvants. Tant pis si je donne l’impression de vous encenser.

  2. T. dit :

    C’est magnifique. Merci.

  3. Olga dit :

    Beaudelaire????? is that u????????

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